{ Mausolée hypnérotomachique 2.1}

Introduction : À Liège, Collégiale Sainte+Croix, le tombeau d’un chanoine laisse perplexe.

Ce tombeau abrite le corps d’une chanoine, parent & proche de Charles V, argentier du Prince+Évèque Georges d’Autriche & contemporain de Lambert Lombard (Artiste Initié).

Le chanoine a été dépositaire d’une information qu’il révèle aux initiés.

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La codification graphique de ce monument n’étant pas très catholique & basé sur l’image me permet prétendre à une hypothèse à la fin de cette nouvelle enquête graphique.
Que renferme ce message, où mêne-t-il ? Pour Erasme, pour écrire Hypnerotomachia, Colona était en pocession d’un manuscrit antique encore inconnu… & que sa clé est dans le Songe de Poliphile.


Acteurs :

Le Chanoine Hubert Mielemans, mort en 1558,  receveur général du prince-évêque Georges d’Autriche. Il était érudit et c’est sans doute à sa grande culture que l’on a voulu rendre hommage avec des hiéroglyphes et des inscriptions en grec et en latin.

Georges d’Autriche image  né en 1505 à Gand et mort le 4 mai 1557 à Liège, fils de Maximilien Ier, est évêque de Brixen (Tyrol) en 1525 et archevêque de Valence de 1538 à 1544. Il est prince-évêque de Liège de 1544 à 1557, choisi comme coadjuteur par son neveu, l’empereur et roi Charles Quint, comme son prédécesseur. Il est de ce fait un adversaire implacable de l’influence française en principauté de Liège, laquelle était enclavée dans les Pays-Bas Bourguignons, possessions de l’Empereur. Il rencontre l’empereur Charles Quint à maintes reprises. À la mort de l’empereur en 1558, il renouvelle l’alliance avec son successeur, Philippe II, roi d’Espagne.
Il est le demi-frère d’un autre prélat, Léopold d’Autriche, issu illégitimement du même illustre père, qui meurt évêque de Cordoue la même année que lui.

Lambert Lombard image  né à 1505 ou en 1506 et mort dans la même ville en août 1566, est un artiste de la Renaissance, à la fois peintre, architecte, graveur, archéologue, collectionneur, numismate, mythographe, homme de lettres, historien de l’art et maître d’une académie de grande réputation. Il effectue quelques voyages en Allemagne, en France et à Middelbourg aux Pays-Bas. En 1537, il est envoyé à Rome par le prince-évêque de Liège Érard de La Marck pour y acheter des œuvres d’art et parfaire ses connaissances. Il y découvre les grands maîtres de la renaissance. À son retour, il fonde la première académie d’art à voir le jour en Europe du Nord. Il participe aux chantiers de reconstruction de la ville de Liège et contribue à introduire dans la principauté de Liège l’architecture de la «Renaissance classique». On trouve son effigie dans Les effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson. En son honneur, l’Institut supérieur d’architecture intercommunal de Liège porte son nom.


C

Situation :

Collégiale Sainte+Croix, quartier St+Michel, prés de la Place St+Lambert & du plais des Princes Évèques.
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Fondée entre 976 et 986 par l’évêque Notger, qui la consacre en 986, l’église est bâtie sur l’emplacement du château Silvestre, appartenant à Radus des Prez. Notger dote la collégiale Saint+Croix d’un chapitre de quinze chanoines, qui en 1045 sont portés à trente par l’évêque Wazon.


La collégiale Sainte Croix

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Ste+Croix venait de prendre la place que réclamait un « puissant  » pour y construire une maison fortifiée, sur la colline du Publémont. Embarrassé par le projet de celui qui était sans doute le duc de Basse-Lotharingie, Notger, qui voulait être seul à bord, ruse et ne pouvant s’opposer directement au duc, il demande un délai et en profite pour faire jeter en toute hâte, par Robert, le prévôt de sa cathédrale, les fondements de l’église Ste Croix. Lorsque le solliciteur revint et se plaignit d’avoir été joué, Notger manda le prévôt et affecta de le gronder mais, il l’excusa aussitôt car c’était à la Croix du Sauveur qu’il avait consacré son édifice. Cet incident est hautement caractéristique et nous apprend la gravité du danger conjuré par le stratagème de Notger, il nous fait également toucher du doigt la situation précaire du pouvoir épiscopal naissant. (Kurth) Commencée en l’an 978, La collégiale Ste Croix est consacrée par Notger lui-même le 23 octobre 986. Seul un mur de grès, près du chœur oriental, témoigne aujourd’hui de l’existence de la construction primitive. Notger y installe et dote 15 chanoines qui furent confirmés par l’empereur Henri, en 1005. Le nombre de chanoines est doublé en 1045, par l’évêque Wazon, disciple de Notger.
Bien que ce dernier soit reconnu le fondateur du temple, le chapitre collégial se rappela le rôle important rempli en l’occurrence par le prévôt Robert et lui donne une sépulture dans la nef même sous le Christ triomphal, en face de l’autel Sainte-Hélène. Comme la plupart des autres monuments, celui de Ste Croix possédait primitivement une crypte. Cette collégiale présente un intérêt architectural indéniable. Elle rassemble à elle seule divers styles architecturaux, dont un chœur occidental roman de la fin du XIIe siècle, un vaisseau et une abside orientale des XIIIe et XIVe siècles. Rappelons qu’à l’origine les grandes églises mosanes : la cathédrale St Lambert, les collégiales St Jean, St Denis et St Barthélemy, ainsi que l’abbatiale St Jacques, possédaient deux chœurs opposés. Dans notre cathédrale St Lambert, le chœur oriental était dédié à Notre-Dame et le chœur occidental à St Lambert. Ce chœur occidental a disparu partout sauf à Ste Croix, où il fut reconstruit à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. Cet ultime témoin du thème à contre-chœur, reproduit dans un style déjà gothique, des formules chères à l’architecture rhénane.
Ste Croix est également le seul exemple dans la région d’église du type  » halle « , avec trois nefs d’égale hauteur, soutenues par des colonnes sveltes et gracieuses, conception aussi hardie que rare. La voûte centrale prend naissance, en encorbellement, au troisième quart des colonnes, tandis que les nervures des nefs latérales reposent sur les chapiteaux. Il subsista longtemps à la collégiale, une école. Au XIe siècle, l’instruction au sein du chapitre était très développée. Les statuts capitulaires encourageaient les études universitaires à partir du XIVe siècle. Une douzaine de chanoines allaient chaque année terminer leur instruction supérieure aux universités de Cologne, Paris, Louvain, Deventer.
Vers 1350, le doyen Philippe Bruni, renouvelle entièrement le cloître et reconstruit, en majeure partie l’église. Il fait aussi élever le vaisseau actuel, du chœur à la tour. C’est lui qui imagina la construction des trois nefs de même hauteur. En 1578, le pape Grégoire XIV accorde, moyennant certaines conditions, une indulgence à tous les fidèles qui visitent la collégiale lors de la fête de l’Invention et de l’Exaltation de la Sainte-Croix. Le montant des offrandes recueillies fut considérable et c’est au moyen de ce revenu extraordinaire que seront bâties les magnifiques chapelles latérales qui prennent jour par des fenêtres triangulaires. Le temple qui figure une croix latine régulière, mesure, dans sa plus grande longueur intérieure, 57m. Sa hauteur est d’environ 17m et la largeur est de 25m.
Dans le chœur rebâti vers 1250, on retrouve encore quelques stalles aux miséricordes finement sculptées. Avec celles de St Jacques, ce sont les seules conservées à Liège, pour le XIVe siècle
Au début du XVe, siècle s’ajoutent à l’édifice, les chapelles sud et nord dont les écoinçons profondément entaillés sont peuplés d’animaux fantastiques, de têtes d’hommes encapuchonnées et de savoureuses scènes hagiographiques : Eloi, patron des orfèvres et des gorgerons, conseiller et trésorier de Clotaire II et de Dagobert I, est en effet représenté dans la scène  » du miracle du pied coupé « . On peut y constater que pour ferrer plus aisément les chevaux, Eloi coupe le pied de l’animal, ferre le sabot et replace le pied. (Histoire d’une Eglise V p22) Au XVIIe siècle, Ste Croix s’enrichira de quelques œuvres d’art magnifiques. Citons par exemple, les superbes et fines statues de Ste Hélène et de l’empereur Constantin produites par le célèbre statuaire Robert Henrard, mort en 1676. Ce groupe en marbre blanc, a été placé au XIXe siècle, au fond de l’abside occidentale. Là aussi se trouvent le Christ à la colonne et la Vierge de douleur, statues en bois dues au ciseau de Guillaume Evrard. C’est également dans l’abside occidentale que l’on peut admirer la porte du baptistère, en laiton battu, style Louis XV, exécutée à Dinant en 1758 par Arnold de Naline. Sous la fenêtre centrale, un remarquable mausolée Renaissance liégeoise, d’inspiration italienne, en marbre noir de Theux (XVIe s.), abrite Hubert Mielmans, trésorier de Georges d’Autriche.


La légende du château Sylvestre

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Sans parler de la prise de Chèvremont, Notger, semble-t-il, ne négligeait aucune occasion d’augmenter ses richesses et d’affermir son pouvoir. Il cherchait surtout à se débarrasser de ceux dont la fortune croissante paraissait devoir un jour contrebalancer sa propre autorité.

À cette époque, vivait à Liège un chevalier du nom de Radus des Prez. Ce puissant personnage occupait sur la hauteur, entre les églises de Saint-Pierre et de Saint-Martin, un château appelé Sylvestre, d’où l’on dominait la ville entière. Dans les mains d’un vassal ambitieux et rebelle, une position aussi importante pouvait devenir fatale à l’évêque; il lui déplaisait donc fort de voir ces sombres tourelles planer au-dessus de la bonne ville, et il ne pensait qu’aux moyens à employer pour les faire disparaître. Un jour qu’il devait se rendre en Allemagne, Nolger engagea Radus, qui était voué de Liège, à l’y accompagner, et celui-ci y consentit de grand cœur. Mais pendant leur absence, qui ne dura pas moins de deux années, Robert, neveu de l’évêque, et qui avait reçu ses instructions, fit aussitôt démolir la forteresse du sire des Prez, et y jeta les fondements d’une nouvelle église, celle qu’on appela plus tard Sainte-Croix. Quand l’évêque revint avec Radus, le voué, celui-ci, qui, du haut de la montagne Cornillon, cherchait des yeux son château dans le lointain et ne l’apercevait pas, s’écria tout à coup: Par ma foi ! sire évêque, ne sais si je rêve ou si je veille, mais j’avais accoutumance de voir d’ici ma maison Sylvestre, et ne l’aperçois pourtant point aujourd’hui; m’est avis qu’il y a là-bas un moustier à sa place. — Or, ne vous courroucez, mon bon Radus, répliqua doucement Notger, de votre château ai fait faire en effet un moustier, mais rien n’y perdrez. Robert, mon cousin, prévôt de Saint-Lambert, possède de nobles héritages Outre-Meuse, de même que les grands prés qui s’étendent depuis les Écoliers jusqu’à la Boverie; ils seront dorénavant tous vôtres, et je donnerai au prévôt la Sauvenière, la petite ville. Il fallut bien que Radus se contentât de ce que lui offrait l’évêque.

L’empereur Henri II confirme la fondation de l’église Sainte-Croix à Liège par Notger et lui assigne divers biens en Ardenne, en Hesbaye et en Ripuarie.

Reconstruite vers 1391, elle est restaurée de nouveau en 1758 ; on y fait de grandes réparations dans ces dernières années. Elle a été transformée en paroisse après le concordat du 15 juillet 1801.
Elle était une des sept collégiales liégeoises (Saint-Pierre, Sainte-Croix, Saint-Paul, Saint-Jean, Saint-Denis, Saint-Martin, Saint-Barthélemy).
À la suite de l’annexion française après la Révolution liégeoise, le chapitre est supprimé en 1797 et l’église sert de lieu d’assemblée électorale. Elle est rendue au culte, en tant qu’église paroissiale, en 1802.
De la collégiale primitive de Notger ne subsiste qu’un fragment de mur en grès, dans la façade extérieure à côté du chevet. Le chœur occidental, romano-gothique (fin xiie, début xiiie siècle), contient une invention de la Sainte-Croix de Bertholet Flémal (xviie siècle). L’abside orientale date du xiiie siècle, les nefs sont du xive siècle et les chapelles latérales du xve siècle.

SOURCE PRINCIPALE


 [ regroupement des infos des différentes sources ]

Ce mausolée est dans la pénombre, à l’opposé de la nef centrale, comme abandonné, il faut passer une barrière sur laquelle se dressent deux statues magnifiques : l’une de Sainte Hélène, affublée de la croix, symbolisant sa découverte, et l’autre de l’empereur romain Constantin, son fils, converti au christianisme. Cette barrière est en temps ordinaire fermée par un cadenas, au vu de la dangerosité du lieu. En effet, et à notre grand dam, la collégiale est petit à petit en train de disparaître dans l’oubli. Des chaises sont parsemées ça et là avec pour ambition d’empêcher l’accès de certains endroits de l’église aux rares visiteurs car ils seraient susceptibles de recevoir un morceau de plafond sur la tête. Qu’à cela ne tienne, nous souhaitons voir ce mausolée, nous irons jusque là. D’après nos informations, c’est le chanoine Hubert Mielemans qui en fait la commande en 1538 pour son tombeau. Il y a donc déjà une contradiction puisque Paul de Saint Hilaire nous indique qu’il se serait inspiré d’une édition française du Songe de Poliphile datant de 1553 !

Il décède le 20 septembre 1558
l’épitaphe en latin, au centre bas du mausolée, nous dit :

Au dieu très bon et très grand
voici que reposent
sous ce mausolée les os
d’Hubert, jadis appelé Milemans
premier et fidèle receveur
du prince d’Autriche
et clerc sacré au temple
de la Sainte Croix
les dénommés Jean Douvrin
chevalier et Maechs
(et tu en fus,
Arnold de Maret, l’exécutant)
se souvenant de leurs devoirs et de l’ami
enseveli par la mort,
élèvent à Dieu ce monument
sculpté dans le marbre
il mourut le 20 septembre 1558.


Trésor de Sainte-Croix

Clef de Saint Hubert : La clef de Saint Hubert, autrefois dans le trésor de la Collégiale Saint-Pierre de Liège.

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La Légende : la clef de Saint-Hubert, conservée à la collégiale Sainte-Croix de Liège est un des objets les plus précieux de la Cité mosane. Cette clef, de taille impressionnante, est en général associée à Saint-Hubert, évêque de Liège de 706 à 727, qui devrait l’avoir reçue des mains du pape Grégoire II lors de son voyage à Rome. La poignée de la clef contenant une limaille des liens de Saint-Pierre. La légende fut magnifiée dans les forêts d’Ardennes. Tandis que saint Hubert célébrait la messe à Rome, saint Pierre lui apparut et lui remit une clef d’or « comme signe de son pouvoir de lier et de délier, ainsi que de guérir les fous et les furieux ».

Le triptyque de l’église Sainte Croix de Liège est un triptyque en chêne recouvert de cuivre doré. Cette orfèvrerie mosane du xiie siècle (1160-1170) est attribuée à Godefroy de Huy. Le triptyque renferme des parcelles de la Vraie Croix et une dent de saint Vincent. Sur le bas du triptyque de la sainte Croix de Liège, est inséré un cabochon en cristal de roche qui protège une dent de saint Vincent et, en plus, un fragment du chef de saint Jean-Baptiste, identifiés par des inscriptions renouvelées.
Selon la légende, les fragments de la Sainte Croix furent donnés par Robert II roi de France à Henri II qui les offrit à l’église Sainte Croix de Liège en 1066. Ces reliques, disposées en petite croix en or, sont intégrées dans le triptyque vers 1160.

Comment cette Sainte+Croix se retrouve-t-elle à Liège avant la première croisade de 1096 par Pierre l’Ermite, soit 30 ans avant & un demi siècle avant Hugues II de Payns ?

La Vraie Croix, dite également Sainte+Croix, est la croix sur laquelle Jésus-Christ aurait été crucifié. Selon la tradition chrétienne, c’est sainte+Hélène, la mère de l’empereur Constantin Ier, qui aurait découvert la Croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326. Elle est devenue à partir du ive siècle une des principales reliques de la chrétienté, faisant l’objet d’une vénération particulière. Des reliquaires portant le nom de staurothèque sont spécialement fabriqués pour abriter les fragments.
Les staurothèques byzantines étaient assez fréquemment faites pour être portées, car elles contiennent une vertu apotropaïque. Les staurothèques occidentales, objets de vénération qui doivent être visibles du plus grand nombre, sont en revanches bien plus grandes. La structure en triptyque apparaît simultanément à celle des triptyques d’ivoire de la période byzantine. Comparés aux staurothèques mosanes, les reliquaires byzantins de la Vraie Croix restent des réceptacles de dimensions modiques.
L’empereur latin de Constantinople Baudouin II de Courtenay vend à Louis IX, le futur Saint Louis, certaines de ses plus précieuses reliques, dont la croix, la couronne d’épines et la pierre du Saint-Sépulcre. Elles arrivent à Paris en 1241. Le prestige de ces reliques rejaillit sur le royaume de France. Elles reçoivent un écrin exceptionnel quand Saint Louis fait construire à Paris la Sainte-Chapelle, conçue à la fois comme la chapelle de son palais et un reliquaire monumental qui mesure près de trois mètres de haut.

640px-Kronung_Heinrich_IIHenri II,  dit « le Boiteux » ou « le Saint », né en mai 973 (selon le nécrologe de Merseburg, le 6 mai) et mort en 1024, est le sixième et dernier roi de Germanie ou empereur romain germanique de la dynastie saxonne et ottonienne. Duc de Bavière de 995 à 1004 et de 1009 à 1017, Roi de Francie Orientale (Germanie) en 1002, roi d’Italie en 1004, élu empereur romain germanique en 1002, couronné à Rome par le pape Benoît VIII en 1014. Il épousa Cunégonde, fille du comte de Luxembourg, qui avait fait vœu de chasteté et qu’il associa à son gouvernement. Menant une vie pieuse, il développa le monachisme, créa, en 1007, sur des terres qui lui appartenaient en propre depuis 995, l’évêché de Bamberg, et eut à combattre Boleslas Ier, duc puis roi de Pologne. Mort en 1024 à Göttingen en Saxe, enseveli à Bamberg, il est canonisé en 1146. L’impératrice le fut en 1200. L’Église catholique le célèbre le 13 juillet (anciennement le 15 juillet).

640px-Sceau_de_Théoduin_DietuvinusDietwinus ou, selon la chronique de Saint Hubert au XIIe siècle,Théoduin, fut le Prince-évêque de Liège du 27 juillet 1048 au 23 juin 1075. Originaire de Bavière, il fut désigné directement par l’empereur Henri III à la mort de Wazon, son prédécesseur rompant ainsi avec l’usage qui voulait que les princes-évêques fussent nommés par le chapitre et par le peuple. De cette manière, l’empereur qui voyait leur puissance augmenter, ressentit le besoin d’exercer sur eux un contrôle plus direct. En janvier 1049, l’évêque de Liège et les évêques d’Utrecht et de Metz lancent une expédition contre Thierry de Frise, tuent leur adversaire, et placent la région sous la domination impériale. Il acheta à la comtesse Richilde pour 175 marcs d’or, la seigneurie du comté de Hainaut. À la mort d’Henri III, il reçoit le soutien de son successeur, Henri IV, qui confirme les possessions de l’évêché de Liège.
Pierre dédicatoire commémorant la consécration de l’église Saint-Etienne de Waha par Théoduin le 20 juin 1050 Il meurt le 23 juin 1075 et est enterré en la collégiale Notre-Dame à Huy qu’il fit construire. Après bien des péripéties, sa dépouille trouve enfin le repos dans la crypte qui subsiste de l’édifice de 1066. Son tombeau y est encore visible aujourd’hui.
À sa mort, la Principauté de Liège est si puissante au sein de l’empire que de nombreux candidats se présentèrent à sa succession.


Décodage du Mausolée :

HYPNÉROTOMACHIE DU SONGE DE POLYPHILE : Manuscrit de base

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Rédigé en 1467, est l’un des livres les plus beaux, mais aussi l’un des plus curieux de la Renaissance. Ce « Combat d’amour en songe » eut une grande influence en Italie et en France surtout, dans le domaine littéraire, mais aussi en architecture et dans l’art des jardins. Alde l’Ancien a imprimé ce livre à Venise en décembre 1499. L’auteur est anonyme, mais un acrostiche tend à faire attribuer l’œuvre à un certain Francesco Colonna, identifié traditionnellement avec le moine vénitien Francesco Colonna et plus récemment avec Francesco Colonna, seigneur de Palestrina.

Résumé : Poliphile rêve de celle qu’il aime, Polia, mais elle se montre totalement indifférente à ses avances. Commence alors un voyage initiatique qui le conduira sur l’île d’amour : Cythère. Le rêve commence, comme la Divine Comédie, dans les affres d’une forêt obscure, où Poliphile recru de fatigue s’endort au pied d’un arbre et se retrouve transporté en songe (un rêve dans le rêve) dans un monde merveilleux, jonché de débris antiques. Cependant, de nombreux bâtiments sont encore intacts et Poliphile nous en conte l’architecture par le menu : leurs proportions, leurs ornements, les inscriptions qu’ils portent (souvent en grec, latin et hébreu, parfois même en arabe). Son périple lui fait rencontrer force allégories et êtres fabuleux : des monstres, des faunes, des nymphes, des dieux et déesses. Les nymphes en particulier se montrent très attentionnées et lui présentent « sa » Polia, procèdent à une cérémonie nuptiale, puis emportent les amants sur l’île de Cythère où règne le dieu de l’amour Cupidon. Mais lorsque Poliphile veut serrer sa maîtresse contre lui, elle s’évapore dans ses bras et il comprend que tout cela n’était qu’un rêve.
Un tel schéma narratif ne suffirait pas à lui seul à remplir le livre : l’essentiel des pages est consacré à des descriptions plus que minutieuses de l’architecture des bâtiments que Poliphile trouve sur sa route, à des gloses sur l’agencement des jardins merveilleux et des buissons sculptés qu’ils contiennent, à la présentation de machines évoquant celles de Léonard de Vinci, qui ne laissent pas de le surprendre, et à l’interprétation enfin des nombreuses écritures qui se trouvent sur les édifices, sculptures, stèles, etc., qui ornent le chemin du héros.

Le nom de l’auteur du livre n’est pas explicitement mentionné. Une indication, cependant, est fournie par l’acrostiche formé par les lettrines des têtes de chapitres. On peut y lire : Poliam frater Franciscus Columna peramavit (« Frère Francesco Colonna a aimé Polia intensément »).
On considère généralement que l’auteur est Francesco Colonna, rejeton d’une puissante famille de la noblesse romaine. Colonna fit notamment restaurer le temple de Fortuna à Palestrina et il fit reconstruire la maison familiale, dévastée en 1436 par les troupes du pape. Il disposait sans conteste de l’érudition nécessaire à la rédaction d’un livre aussi éclectique, et sa formation lui permettait de donner les descriptions détaillées des constructions architecturales avec le vocabulaire et la sûreté du professionnel, se fût-il agi de bâtiments en forme d’éléphant portant obélisque ou de l’empilement d’une pyramide, d’un obélisque et d’une statue.
L’étrangeté du roman, déjà en son temps, la référence permanente aux cultes païens antiques, l’indécence enfin de ses métaphores érotiques (la dimension érotique de l’original est considérablement affaiblie dans la version française) pouvaient valoir à l’auteur un soupçon d’hérésie, ce qui explique le mystère maintenu sur son identité.
Le doute reste permis quant à l’identification de l’auteur. Plusieurs érudits attribuent ce livre à d’autres personnes, comme Leon Battista Alberti1 ou Laurent de Médicis. Il existe par ailleurs un autre Francesco Colonna, dominicain vénitien mal connu, sans rapport avec la famille des Colonna, auquel l’ouvrage a été longtemps attribué à partir du xviiie siècle.
En plus du texte, 172 gravures sur bois d’excellente facture permettent au lecteur de se faire une meilleure image des merveilles décrites dans l’histoire. L’identité du graveur, qui n’a rien signé et dont le nom n’est mentionné nulle part reste, comme celle de l’auteur, sujette à controverse. Certains[Qui ?] attribuent ces dessins à Andrea Mantegna et les gravures à Giovanni Bellini. Le typographe joue de façon créative avec le corps du texte, par endroits justifié en forme de blason ou de calice ; avec les images, qu’il n’hésite pas à rendre sur deux pages en vis-à-vis pour obtenir un format plus proche de notre cinémascope ; avec l’intégration du texte et des images enfin : on trouve plusieurs occurrences où la justification du texte répond aux grandes lignes des illustrations.

L’Hypnerotomachia Poliphili, fait l’objet d’une traduction en français, revue et corrigée par J. Martin puis publiée par Kerver à Paris en 1546. Sensiblement plus courte que l’édition italienne, elle constitue une traduction-contraction-adaptation tout à la fois. L’aspect étrange que revêt l’original, truffé de latinismes et hellénismes, disparaît, diverses énumérations sont tout simplement rendues par des listes « équivalentes », et nombre de paragraphes prolixes sont réduits à une phrase fort brève. Il arrive également que le traducteur corrige son modèle lorsque celui-ci tente de perdre le lecteur dans les méandres d’une description-fleuve, ou qu’il fasse montre d’un zèle louable en traduisant également, ce que Colonna ne faisait pas, les phrases grecques et latines, introduisant occasionnellement de volontaires contresens visant à rendre l’œuvre un peu plus décente. Le Songe de Poliphile français, réimprimé en 1554, puis en 1561 fut incontestablement un bestseller de son temps, abondamment discuté et commenté à la cour érudite et humaniste constituée autour du roi François Ier et de ses successeurs : fourni en références aux textes antiques, raffiné dans sa description des rites de l’amour, il devient rapidement une source d’inspiration pour les courtisans, qui « poliphilisent » à tout-va, selon le mot d’un critique de son temps3. Il inspire également les organisateurs des Entrées Royales, et de tout ce qui touche aux rituels de la cour. Dans le domaine littéraire, on reconnaît généralement en François Rabelais un lecteur attentif du Songe de Poliphile, dont certains passages de Gargantua ou du Quart-Livre notamment s’inspirent assez directement. L’influence souterraine du livre ne se démentira pas jusqu’à nos jours, et les écrits de La Fontaine, de Gérard de Nerval, puis de Georges Perec en trahiront parfois la présence. Le psychologue Carl Gustav Jung était également un grand amateur du Songe de Poliphile, dans lequel il voyait, comme dans les ouvrages alchimiques du reste, une illustration des archétypes de sa théorie de la psyché humaine. Plus généralement, ce livre énigmatique a occupé et occupe encore nombre d’architectes, historiens, philosophes, mystiques et autres chasseurs d’énigmes. Une interprétation complète de l’œuvre reste encore à écrire. Pour l’alchimiste Fulcanelli, le Songe de Poliphile est une œuvre hermétique qui contient les connaissances utiles à l’accomplissement du grand œuvre.

PLANCHES CONCERNÉES PAR LE MAUSOLÉE

IDÉOGRAMMES DU MAUSOLÉE DU CHANOINE MIELEMANS

Exemple de décodage du dauphin en question après nous avoir expliqué que ce dauphin servit également de signature à Theobaldo Manuci, alias Alde Manuce. Celui-ci, « Prince des Imprimeurs Vénitiens » adopte cette « marque du dauphin » comme emblème de sa société d’édition. C’est encore lui qui éditera le premier, le Songe de Poliphile en 1499.
Un exemple de traduction de cette imagerie. Il nous propose de lire ce dessin de gauche à droite. Ainsi aboutit-on à une première

traduction : rond – ancre – dauphin – tournelé
en retirant les voyelles et les consonnes silencieuses, on obtient :
RoNd – aNCRe – DauPHiN – TouRNeLé

On transpose le N en M pour obtenir : RoMaN CreDau FiNT RneLé
RoMaiN CreDo FeiNT ReNie-Le

Il convient d’ajouter que ce type de code ne permet évidemment pas de cacher des secrets déterminants. Tout au plus ceci réside d’une volonté de proposer une lecture à différents degrés afin qu’elle ne soit plus visible directement aux yeux des non-initiés. C’est sans doute ce qui complique beaucoup la compréhension de ce genre de mausolée d’autant qu’il existe différentes sortes de « Grimoires » (pour GraMmaiRe) plus ou moins complexe du grimoire blanc utilisé ici au grimoire gris (pour GreC) utilisé lors du premier exemple.

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La partie « codée ». Il faut avoir qu’il existe au moins deux traductions différentes et totalement opposées, celle de Paul de Saint Hilaire dans son ouvrage ci-dessus évoqué, et celle de Louis Leroy, proposée dans un article de la « Vie Wallonne ». Elles sont inefficaces autant l’une que l’autre dans l’état actuel des informations que nous détenons. Dans le premier cas, la proposition est plus ésotérique, pour une tentative plus chrétienne dans le second cas. Le second parle d’ailleurs du premier en le taxant « d’irrévérence ». Nous vous les présentons afin de vous en laisser juges.

Traduction de Paul de Saint Hilaire pour les hiéroglyphes de gauche :
• fuseau et fil coupé la mort soudaine •
• couteau qui sépare •
• globe du monde •
• flamme consume •
• grappin agrippe •
• semelle piétine •
• cercle tout •
• oiseau est messagère •
• lampe de vie •

Droite :
• flèches opposées au contraire •
• hibou du profane •
• grue tenant sa vigilance sera pour l’initié qui veille •
• gouvernail à gouverner •
• en forme de viole harmonieusement •
• olivier et victorieusement •
• lampe une vie •
• bucrane de labeur •
• chien et de fidélité •
• chandelier le temps de la lumière •
• globe universelle •

Quant à la proposition de traduction de Louis Leroy :
• un oiseau l’échéance •
• une lampe à huile non renouvelable •
• une ancre côtoyant un poisson et un couteau qui te délivre •
• une empreinte, un globe et un fil à coudre ton passage, sur terre, se termine •
• chien et bucrane chante •
• chandelier la lumière •
• globe terrestre du monde •
• lampe, viole et rameau fléchi avec véhémence, tu monteras, quand l’heure sera venue, dans l’incertitude de la nuit •

Toutefois, il est intéressant de préciser que nombre de dessins contenus dans ces deux rectangles contenant les « hiéroglyphes » proprement dites se retrouvent de façon claire dans le Songe de Poliphile, sur différents « rébus », notamment celui appelé « le Tombeau des Amants ». Nous ne pouvons que contester la proposition faite par Louis Leroy en 1958. Celui-ci proposait une traduction ciblée sur la vision de la mort, ce qui n’a, dans la portée religieuse, rien d’étonnant, mais oublie de parler de toutes les imageries autour de ces deux planches. De plus, il laisse à penser que Francisco Colonna pourrait s’être inspiré d’une maxime tout compte fait religieuse contenue dans le mausolée de Liège, mausolée placé presque 60 ans après la publication de la première version du Songe de Poliphile !

Ne serait-il pas plus cohérent d’admettre que le Chanoine Mielemans était lui-même dépositaire d’une information qu’il ne souhaitait pas voir divulguée au premier venu et que, faisant partie d’une société « discrète », il ait fait le choix d’un message à laisser aux yeux des initiés tout en indiquant aux profanes de passer leur chemin.

Il faut noter qu’il existait un peintre à Liège durant la même période du nom de Lambert Lombard, né en 1505. Celui-ci est, d’après les égyptologues, représentatif d’une époque comme passionné par les hiéroglyphes égyptiennes. Il fallut la découverte de Jean-François Champollion, grâce à la pierre de Rosette en 1822 pour s’apercevoir que Lambert Lombard s’inspirait plus sûrement de ce que l’on appelle désormais les néo-hiéroglyphes tirées du Songe de Poliphile. Son engouement pour l’antiquité égyptienne est incontestable mais ne suffit pas à expliquer ces néo-hiéroglyphes apparaissant comme des symboles dans ses œuvres. En effet, la présence égyptienne est attestée en Europe avant la découverte de la Pierre de Rosette notamment grâce à un manuscrit dit « hieroglyphica d’Horapollon », Horapollon pour l’Horus Apollon, manuscrit découvert par un voyageur florentin du nom de Christoforo Buondelmonti. Il sera suivi d’un autre manuscrit découvert en 1462 par un moine toscan Leonardo de Piscola. Marcile Ficin, son traducteur, présente l’ancestrale sagesse égyptienne comme annonciatrice de l’avènement du christianisme. En Italie, apparaît un mouvement d’égyptomanie dont va profiter Lambert Lombard puisqu’il fait un bref passage durant sa jeunesse. Ainsi, il est clair qu’à l’époque du chanoine Mielemans, le Songe de Poliphile imprégnait la société intellectuelle de Liège sans qu’on puisse donner une explication religieuse plausible. Il n’est pas possible de procéder autrement qu’en acceptant l’idée d’un message codé, complexe puisque personne ne peut avoir la prétention d’avoir proposé une traduction efficace pour l’instant. L’existence de sociétés secrètes d’intellectuels telles que la Société Angélique est attestée et de nombreux auteurs couvraient leurs œuvres de clefs du type de celles que nous venons d’évoquer, comme Rabelais par exemple.

Le mystère reste entier mais à quoi bon vouloir le percer quand il suffit de savourer une telle connaissance ?

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(1) la lance de Longinus montrant une direction (3)

(2) Lucifer, ange féminin au flambeau regardant dans la même direction (3)




UNE SOCIÉTÉ ANGÉLIQUE À LIÈGE : ? AAC LIÈGE ¿

Liège, siège de l’histoire médiévale, religieuse et politique, et pourtant si abandonnée aujourd’hui. L’endroit le plus riche en archéologie se situe devant le Palais des Princes Évêques, qui a du connaître de bien meilleurs jours. Derrière nous, des magasins de marque réputée et c’est tout. Nous avons sous nos pieds un trésor inestimable, une ancienne villa romaine découverte sous le parking de la place Saint Lambert et transformée en musée, villa dont les fondations sont considérables, et au-dessus desquelles sont venues se « greffer » pas moins de quatre églises et basilique dédiées à Saint Lambert, personnage des plus intéressants. Il est juste dommage qu’il faille se retrouver dans le noir complet éloigné de toute civilisation pour pouvoir s’imprégner d’un tel lieu. De toute évidence, il suffit de s’éloigner de cet endroit central pour perdre toute idée de la splendeur d’antan de Liège. Et ce n’est pas par manque de motivation des membres des différentes ASBL (association) que l’on en tire cette conclusion. Au temps de la splendeur de la Cité, soit à partir du 10ème siècle, l’évêque Notger reçoit des mains de l’Empereur Otton II le pouvoir temporel sur tout un territoire qui va devenir la principauté ecclésiastique de Liège. Les évêques vont devenir l’instrument de la politique des empereurs germaniques durant des siècles mais vont bénéficier d’un statut hors du commun. Il plaît aux Liégeois de croire que la vocation de Liège était de devenir une cité de Dieu tant les édifices religieux sont importants en nombre et en magnificence.
De nombreuses vicissitudes vont faire vibrer les murs de la ville notamment par le fait qu’elle représente un embarras certain pour les Ducs de Bourgogne installés tout près et confrontés à l’indépendance de la ville en relation étroite avec le Roi de France et ce, à partir de 1408. C’est la période la plus sombre que va vivre le pays, période qui se terminera par une destruction massive par Charles le Téméraire en 1468. Cette introduction un peu longue avait pour ambition de nous amener à la période qui nous intéresse ici et avait pour rôle de nous mettre dans l’ambiance de ce qui va suivre. Liège fut de tous temps, nous venons de le voir, un haut lieu religieux et de spiritualité. Nous pensons donc que ce n’est pas un hasard si c’est à Liège que nous retrouvons une probable résurgence du Songe de Poliphile. En effet, cet ouvrage fut publié mystérieusement en 1499 sous le nom de Hypnerotomachia Poliphili, en Italie. Il s’agit d’un conte initiatique que l’on attribue à Francesco Colonna, frère dominicain italien, sans en avoir la moindre certitude. Son nom n’est pas clairement indiqué ni dans ni sur l’ouvrage. Mais les lettres initiales des 38 chapitres nous font découvrir un message intéressant : POLIAM FRATER FRANCISCUS COLUMNA PERAMAVIT
Frère Francesco Colonna aimait Polia intensément
Ce conte philosophique relate l’histoire de Poliphile, amoureux transi de Polia, parcourant des épreuves en songe afin de la retrouver. L’intérêt se porte sur les magnifiques planches sensées illustrer le contenu du texte mais qui, en fait, sont les principaux éléments de l’ouvrage. Elles font et ont fait l’objet de nombreuses interprétations mais il semble que cet ouvrage ait également servi de référence à une Société secrète, entre autres, dont les membres étaient principalement des intellectuels, société appelée la Société Angélique.

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La Société Angélique fait à nouveau, depuis quelques années, couler beaucoup d’encre puisqu’on lui prête une intervention discrète dans l’affaire de Rennes le Château. Mais bien avant nous, des auteurs belges avaient voulu démontrer l’appartenance de certains ecclésiastiques à cette cette Société, et à Liège notamment, Liège ayant par ailleurs une forte réputation de mysticisme, nous y reviendrons. Ici, point n’est question de façade alchimique, il s’agit d’élément d’archéologie beaucoup plus discret : à l’intérieur de la collégiale Sainte Croix de Liège, que nous avons eu la chance de visiter accompagnés d’un guide passionné membre de l’ASBL « SOS Collégiale Sainte Croix », se trouve un mausolée.

Les sociétés dites A.A.

On ne trouve pratiquement pas d’éléments concernant ces ‘sociétés’. Au début de notre dossier Rennes-le-Château N°5 il était question d’une liste, retrouvée vers Vienne, de membres de ce mouvement sur laquelle, entr’ autre, les noms d’un abbé Boudet et de deux évêques de Carcassonne. Ces éléments semblait se trouver depuis longtemps en Isère et dernièrement entre les mains de Gérard Moraux de Waldan qui nous en donnait connaissance et copie. Il semble que plusieurs mouvements se soient réclamés de cette forme ‘sociétaire’. Pourtant, certainement présentes dans plus de 39 régions de France, curieusement seule la région toulousaine possèdent encore des documents sur le sujet.
La présentation générale de ces sociétés peu connues montrent une structure soigneusement établie sur un secret accompagné d’un perfectionnement spirituel incontestable. Au moment de la Révolution Française ces sociétés secrètes s’opposent à un clergé géré par une Constitution civile. On retrouve également leur action virulente contre le pouvoir napoléonien lors du pillage des archive du Vatican, du saccage de Rome et de l’arrestation du pape.
Selon Jean-Claude Meyer (Bulletin de Littérature Ecclésiastique): L’étude de l’Aa de Toulouse, fondée au XVIIe siècle dans la mouvance de l’Aa de paris, s’insère dans la compréhension du mouvement plus général de réforme spirituelle et apostolique du clergé de France à cette époque. Par-delà des règles qui apparaissent aujourd’hui surannée, l’histoire de cette Aa révèle l’esprit de fraternité sacerdotale vécu par les confrères : ainsi s’explique son exceptionnelle longévité, on en verra les effets positifs en particulier pendant la décennie révolutionnaire. Ceci étant présenté pour un aspect ‘officiel’ du problème.
Nous retiendrons également le travail du Comte Beguoin qui, en 1913, un des rares ouvrage présentant une approche assez complète du sujet sous la forme d’un ouvrage intitulé:

UNE SOCIETE SECRETE EMULE DE LA COMPAGNIE DU SAINT-SACREMENT

L’AA DE TOULOUSE AUX XVIIe et XVIIIe SIECLES

Ensuite au bas de la dernière page de texte (131) se retrouve l’identification de l’imprimeur: “Toulouse, Imp. Douladoure – Privat, rue St Rome, 30 – 678″
Le comte Bégouin, admet quelques difficultés à se documenter sur la question, mais qu’il existe des ‘documents inédits’ auquel il finit par accéder pour accomplir son travail … Archives qu’il est bien difficile de retrouver aujourd’hui, sauf apparemment dans les régions lyonnaise et viennoise au début du siècle.
Pour cet auteur l’arrêté du Parlement du 13 décembre 1660 marque la dissolution de la Compagnie du Saint-Sacrement et fait “défense à toutes personnes de faire aucunes assemblées ni confréries, congrégations et communautés en cette ville, ni partout ailleurs sans l’expresse permission du Roi”. Il semble d’abord que la Aa ait eu pour mission de perpétuer la relève de cette ‘Compagnie’ détruite puis peu à peu de se consacrer à la maintenance d’un ‘secret’ dans des conditions relevant de celles des mouvements les plus fanatiques qu’ils soient.

à Mystériopolis…
Curieusement un des premiers documents à utiliser le terme A et Aa sera édité par M. Lieutaud, bibliothécaire à Marseille. Il s’agit de la reproduction d’un mémoire de 1775 sur l’Aa de cette ville écrit par son président, avec le règlement complet de la dite Société. Le titre ne rime guère avec le contenu et c’est un des points de curiosité de cette édition de 16 pages, sans la moindre référence d’imprimerie ou d’édition, parue sous le nom de: “A et Aa, prodrome d’une future encyclopédie provençale”.
Il est difficile de comprendre le rapport immédiat entre une A.A. et la place d’une encyclopédie surtout provençale. Tout aussi curieux sera le fascicule suivant(même dimension 10-8e) du bibliothécaire, toujours sans référence de dépôt légal, sous le titre “Histoire de la France par un chartreux” qui a de forte chance de nous ramener aux travaux de Dom Polycarpe de la Rivière déjà rencontré précédemment. Deux autres parutions toujours sans indication de référence suivront sur les mêmes thèmes (collection Moraux de Waldan). A ce stade on est surpris par deux choses. D’abord comment expliquer qu’un ancien bibliothécaire produise des ouvrages ostensiblement sans référence… lui qui doit être habitué à une autre rigueur de par sa formation professionnelle? Ensuite les titres sont ‘bizarres et déconcertants’ (Béguoin) comme si tout était fait pour que ces livrets soient introuvables dans le cadre d’une recherche ordinaire en bibliothèque… sauf pour un ‘initié’ qui saurait à quel registre les localiser! Toujours aussi étrangement c’est peu après cette ‘diffusion’ que sera édité un autre recueil encore plus mystérieux. Celui-ci tout en affichant résolument le sujet de l’Aa s’entoure d’une page de couverture digne du plus bel ouvrage d’occultisme que l’on puisse trouver: “ Une société secrète d’ecclésiastiques aux dix-septième et dix-huitième siècle – L’Aa Cléricale – son histoire, ses statuts, ses mystères, avec l’épigraphe: ‘Secretum prodere noli’ – A Mystériopolis, chez Jean de l’Arcanne, librairie de la Société, rue des trois cavernes, au Sigalion, dans l’arrière boutique. MDCCCXCIII -avec permission” Puis au dos de cette page cette mention: “tiré à cent exemplaires – aucun ne sera vendu”… on croit rêver ou se trouver plongé dans un roman d’Arsène Lupin! Mystériopolis… Jean de l’Arcanne… rue des trois Cavernes… au Sigalion… et enfin ‘avec permission’… sans que nous soit dit de qui émane cette permission! Tout y est énigmatique et en déséquilibre avec la rigidité habituelle d’un texte réservé à l’exclusivité de quelques religieux soigneusement sélectionnés. On pourrait crier au canular, au montage, à la farce… aux documents falsifiés comme d’autres dans l’affaire de Rennes-le-Château ! Et pourtant… oui pourtant le livret existe et le lecteur le trouve, dans sa totalité, en pièce annexe en fin de ce dossier. Ajoutons pour lever un petit coin du voile que l’imprimeur de cette petite merveille se situait dans la région viennoise… De son ‘arrière-boutique’ sortiront également les publications, sans référence de monsieur Lieutaud ancien bibliothécaire de Marseille… et d’autres sur le même registre que nous publierons, peu à peu, au fil des besoins dans nos travaux.

Les livres introuvables du secret

Il est donc inutile de présenter de longues explications sur ce document que le lecteur peut lire à son rythme, et sa surprise, et complètement. Cependant ajoutons que Lieutaud jamais ne dévoila ses sources. Il précise seulement dans son travail à propos de ces pièces: “Par quelles voies aussi multiples qu’inattendues, sont tombées en nos mains les pièces originales qui ont servi à composer ce travail, nous ne sommes pas autorisé à le dire, et grâce à Dieu, quoique nous n’ayons jamais été d’aucune Aa, nous savons garder un secret”… et le comte Bégouin de déplorer de ne pas pouvoir remonter à la même source… Jean-Jaques Olier, membre fondateur de la Compagnie du Saint-Sacrement

Mais il ajoute “ce que je sais du soin jaloux avec lequel les derniers possesseurs de ces précieux papiers les gardaient renfermés et cachés, me laisse supposer que, comme pour la Compagnie du Saint-Sacrement, nous sommes loin de connaître tous les endroits où ces archives gisent ignorées. Ensuite un peu plus loin (page 20) il explique qu’il eut accès, à Toulouse, à des archives sur la Aa ou se trouvait un ‘livre d’or’ , c’est à dire la liste de plus de treize cents noms d’ecclésiastiques toulousains qui en ont fait partie… Quoi d’étonnant si Moraux de Waldan disposait lui aussi d’une telle liste qui ne devait pas être en deux exemplaires seulement. Le tout était de pouvoir et savoir ou consulter un tel document. il y avait également un autre livret de ce genre imprimé à Lyon chez Baptiste de Ville, rue Mercière, ‘A la Science’, en 1689… Mais à l’image des ouvrages concernant ce sujet il “est rarissime et inconnu des bibliographes” tout comme encore un autre “de 1654 n’est destiné qu’à un nombre restreint d’initiés, à ceux qui faisaient partie du petit groupe d’élus composant les Aa”.

Le choix du titre… où le survol de l’Ange

Le choix du titre ‘Aa’, ‘AA’ ou ‘A.A.’ n’est jamais expliqué clairement dans les documents que nous avons pu consulter. Il est question des initiales de l’expression ‘Associatio Alicorum’ qui pourrait correspondre à l’idée de liens très étroits entre les membres du mouvement… Une autre source explique qu’il s’agit de prendre les deux ‘A’ du mot ‘AssociAtion’ et de les présenter à la façon de certains écrits alchimiques écrivant ‘AAA’ pour le terme ‘AmAlgAmer’ en supprimant les consonnes pour ne garder que les voyelles afin d’opacifier le texte au profane.
Plus simplement Béguoin explique que les deux ‘A’ signifieraient simplement Amis et Assemblées résumant astucieusement l’esprit de base de cette société. Enfin une autre hypothèse avancée par Lieutaud éclaire différemment le terme ‘AA’ qui pour lui reprend simplement les initiales d’’Amitiés Angéliques’. Certes on peut se rappeler avantageusement le nom de la société Angélique qui s’épanouit justement au 17e siècle. Le rapprochement n’est pas si hasardeux qu’il le parait, car sur les rares feuille s de courriers émis par les AA les entêtes sont souvent ainsi écrits: J. M.J. A. C., soit les initiales de : Jésus, Maria, Joseph, Angeli Custodes. Par ailleurs on retiend que la AA de Toulouse à pour patrons justement Jésus, Marie, Joseph et les saints Anges… Pour donner toute la valeur à cette hypothèse il est utile de rappeler qu’à l’époque de cette société le terme ‘Amitié’ n’est pas galvaudé comme il l’est à présent. Amitié évoquait le verbe ‘aimer’ au sens sacré du terme et ajouté à l’image des ‘Anges’ il prenait une proportion qui nous échappe forcément à présent.

Le secret absolu

La règle du ‘secret’ était absolue et sans dérogation. Certes pour certains chercheurs dans le cadre de ce genre de ‘société’ le ‘secret’ était simplement celui des ‘bonnes actions charitables sous l’initiative religieuse’… Mais des actions si louables, généreuses et humanitaires justifiaient-elles de conserver ce ‘secret’ jusqu’au paroxysme que nous allons survoler:

“Il est donc d’une nécessité indispensable d’en garder le secret. Ne le révélez à qui que ce soit, ni aux amis les plus intimes, ni aux parents les plus chers, pas même au confesseur le plus affidé. Pourquoi en parlerait-on au confesseur? Dans un projet de cette nature, que les seules lumières naturelles démontrent venir du Père des lumières, une pareille confidence ne fut jamais nécessaire; elle serait toujours imprudente et souvent contraire à l’existence ou à la propagation de notre Aa. Hors des assemblées, les confrères se comporteront entre eux comme si nul lien secret ne les unissait. Nul signe, nulle parole qui fasse soupçonner du mystère. Dans leurs lettres, s’ils viennent à parler de l’Aa, les termes les plus généraux et les plus courts seront ceux dont ils se serviront. On ne nommera jamais l’Aa, ni dans les lettres, ni dans les conversations ordinaires. Ceux qui auront chez eux quelques papiers relatifs à notre Association les conserveront avec soin et sous clef.”. Ces règles pourraient être celles que nous trouverions au sein de toutes sociétés secrètes ou initiatiques à un très haut degré… Ce cadre de sécurité pourrait être, évidemment toutes proportions gardées, celui d’une loge maçonnique du début du siècle. En ce cas nous ajouterions qu’il ne s’agirait plus d’un mouvement ‘secret’ mais d’une société ‘discrète’. On trouvera dans le document ‘A.A.’, reproduit texto, les règles liée au Secret à partir de la page 71. Il y est question de ‘mot de passe’, de se dissimuler plus que faire se peut, de prévoir l’autodestruction de la cellule, la destruction de toutes traces, de passer de l’action au silence dès le moindre doute… On croit lire les mesures de sécurité d’un groupuscule terroristes de feuilleton de mauvais goût… Cette sorte de convention morale est d’une telle inconcevable rigueur que nous ne pouvons que supposer qu’il s’agit d’un cadre propre à une véritable secte fanatique ou… d’un mouvement mandaté pour sauvegarder effectivement un redoutable… Secret.
Il est difficile de croire qu’au sein de l’Eglise une société, composée de religieux, puisse imposer de telles injonctions pour protéger de simples actions de prières, de bienveillance, de charité et humanité…
La Aa comprenait la possibilité d’admettre, sous certaines conditions, des femmes rassemblées en une congrégation exclusivement féminine. Tout comme pouvaient être acceptés des laïques là aussi dans des conditions très strictes. Selon les différentes sortes de membres ils étaient répartis selon plusieurs ‘Congrégations’ différentes. Pour les séminaristes la règle Aa prévoyait une sorte d’antichambre d’attente appelée ‘Petite Société’. Dans celle-ci étaient admis les futurs prêtres d’où ils leur étaient, cependant, impossible de connaître les membres ‘actifs’ et, de fait, ce système évitait tous incidents de fuite. Tout comme dans d’autres ‘confréries’, il y avait à l’intérieur de la société plusieurs ‘niveaux’, ou degrés, dans la hiérarchie. C’est ainsi que le Comte Béguoin distinguait dans le ‘livre d’or’ certains membres étaient “passés de l’Aa laïque à l’Aa ecclésiastique”.

A ce stade il est encore possible de considérer que nous sommes en présence d’une congrégation, d’une sévérité très exceptionnelle, réservée à une sorte d’élite religieuse… sans encore pouvoir accepter l’idée qu’elle puisse être autre chose de plus sombre. Il semble donc important de citer ce passage sous entendant pratiquement sans ambiguïté l’existence dans la Aa d’une partie clairement nommée ‘occulte’… ce qui, pour des religieux à de quoi nous surprendre: “En même temps, derrière cette congrégation ou Société visible, il y en avait une autre occulte. C’était une véritable Aa, dont l’existence était un mystère et le nom des membres un mystère plus grand encore. On comptait parmi eux plusieurs personnages politiques. Les réunions étaient secrètes et certains membres, notamment le prince de Polignac, ne s’y rendaient que déguisés. Avant d’être admis dans cette association, il fallait jurer le secret le plus absolu, promettre une obéissance aveugle à des chefs et à des mots d’ordre qu’on ne connaissait pas.”…
A la lecture d’un tel passage ne serait-il pas possible d’y reconnaître plusieurs détails de la vie de l’abbé Saunière que jusque là nous trouvions intrigants, insolites ou dignes… d’une autre vie soupçonnée au début de cette étude. Nous avons vu appartenir à cette société plusieurs religieux très proches de Saunière. Nous les avons vu être honorés au porche de l’église de Saunière sans que les raisons en soient clairement établies. Nous avons vu l’ensemble de ces personnages avoir, pour le moins, une conduite parfois… peu orthodoxe ou inexplicable.
Et si l’énigme de Saunière n’était en réalité qu’une histoire de Sociétés… serait-ce vraiment une autre histoire… ou tout un panneau mis en lumière de la véritable histoire de l’affaire de Rennes-le-Château ?


Au-dessus de cela, se trouve une phrase en grec. On peut s’étonner du mélange des genres mais nous savons que cela était coutumier à l’époque. Toutefois, continuons notre enquête. Cette indication littérale en grec devrait être :

ΑΠΟΒΛΕΠΕ ΤΕΛΟΥ

Ce qui, si cette phrase ne contenait pas une faute, voudrait dire « Considère la fin ». En soi, une telle indication sur un tombeau n’a rien de très surprenant mais la faute ne peut pas être anodine et Paul de Saint Hilaire fut le premier à nous le démontrer. Dans son ouvrage « Liège Mystérieux », celui-ci nous explique que l’erreur est dans le mot TELOS. Il est écrit TELON. Une erreur commise par trois chanoines et un maçon paraît très improbable. Cette faute volontaire nous oblige à nous pencher plus avant sur ce chanoine discret. Il existe une traduction du mot telos, celle de Platon. Ce mot, de neutre, devient masculin et prend la signification d’Initiation, Grands Mystères. C’est d’autant plus intéressant que c’est la même formule que nous retrouvons la même phrase en latin cette fois, RESPICE FINEM, sur le portrait de Christian Rosencreutz, fondateur légendaire de l’ordre des Rose Croix.

Le tombeau est surmonté d’une imagerie dédiée à la crucifixion du Christ. Paul de Saint Hilaire nous décrit à sa façon la scène qui se déroule devant nous. D’après lui, le Christ n’est pas en croix mais subit son martyr sur un Tau…johannite bien sûr ! Et Saint Jean, sur son côté, se tient à l’ordre d’apprenti et esquisse un signe du grade de maître des sociétés secrètes telles que la Franc-Maçonnerie. Sa description se termine sur les deux livres sur lesquels la tête du gisant repose. Quel étrange inconfort ! Quel secret Hubert Mielemans devait-il sauvegarder ? Allons un peu plus loin encore, et ce, avant d’aborder les deux tablettes couvertes de dessins chers aux lecteurs du Grimoire. Sur le côté gauche des cadres se tient un crâne imposant. En soi, ce symbole ne détonne pas dans une église, il peut représenter le crâne d’Adam pour rappeler le Mont Golgotha. Mais le voici ici avec un poignard placé entre les deux mâchoires. Il ne peut s’agir de la lance de Longinus, l’un des outils de la Passion. Nous avons bel et bien affaire à un poignard. C’est donc sans équivoque que nous proposons que ce poignard symbolise la célèbre phrase très couramment utilisée en Franc-maçonnerie spéculative : « je préférerais avoir la gorge tranchée … ». Nous ne dévoilons pas ici un grand secret tant cette formule est galvaudée publiquement. Regardons de plus prés nos tablettes maintenant.

Chercher à toutes fins un décryptage que l’on affirme quasi certain est chose aisée. Nous venons de voir à quel point toutes les traductions, aussi différentes soient-elles les unes des autres, peuvent aller au cas qui nous est présenté. Une interrogation nous est tout de même venue. Les nombreux ouvrages de Claude-Sosthène Grasset d’Orcet nous permettent, au moins une, car il ne faut pas oublier que ces ouvrages très complets ne sont pas des romans de gare ! Il faut remettre les hiéroglyphes dans leur contexte de l’époque et peut-être aurions-nous tort de vouloir les décrypter à partir du français du 20ème voire 21ème siècle. En effet, la langue « vulgaire » utilisée dans ce genre d’analyse était le vieux français, enfin le français du 16ème siècle, voire même le picard, c’est toujours Grasset d’Orcet qui nous le dit.

Prêtons-nous au jeu un instant avant de laisser à nos érudits le soin d’étudier plus avant l’intégralité du mausolée. Prenons l’exemple du dauphin que nous reverrons plus loin. Le procédé du grimoire consiste à enlever les voyelles et les consonnes muettes. Ainsi nous avons :

D F (PH) N

Mais si nous poussons plus loin, il faut indiquer la langue d’origine du mot que l’on souhaite traduire. Un exemple dans Rabelais, Panurge viendrait du mot grec voulant dire « fin », ceci donne :

GREC FIN

Retirons les lettres « inutiles » et nous découvrons :

G R F N
Griffon

Ce même Griffon, animal symbole de l’un des membres de la Société Angélique avéré à Lyon et ami de Rabelais.

Essayons sur notre dauphin. Ce mot vient du latin « delphinus », il est par ailleurs écrit en italien dans la version d’origine du Songe de Poliphile (donc delphino). Nous obtenons :

LATIN DELFINO
L T N D L F N

Ceci est tout à fait différent de ce que nous avions trouvé dans la version française du 21ème siècle. Et notre traduction pourrait être celle-ci :

Le TeMps De La FiN
Pourquoi pas ?

Que dire de ces auteurs qui proposent que François Rabelais et Francesco Colonna soient une unique et même personne ? Voire même, ils identifient ces personnages à Johan Valentin Andreae, fondateur réel de l’ordre des Rose-Croix. Sans abonder dans ce sens, nous serions bien incapables d’en avoir l’assurance, nous pouvons trouver aisément des ressemblances troublantes dans les différents écrits de nos intervenants. Ainsi, par exemple, quand Rabelais fonde, pour ses ouvrages, l’abbaye de Thélème (de « Thélos » je veux, en grec) avec pour règle une phrase simple mais controversée, FAY CE VOUDRAS, Francesco Colonna, auteur présumé du Songe de Poliphile, est-ce utile de le rappeler, nous décrit Thélémie, embrassant Poliphile. Quand le second parle de pays de satin, le premier nous parle de pays de soie. De plus, Christian Rosenkreutz, personnage de ? Valentin Andreae et fondateur légendaire de l’ordre des Rose-Croix, vit un songe durant ses péripéties, tout comme Poliphile. Enfin, et ce ne sont que quelques exemples, la vignette des Rose-Croix parue en 1616 dans les premiers manifestes, montrant un dauphin enlaçant une ancre, n’est pas sans rappeler le dauphin sur une voire plusieurs planches du Songe de Poliphile. Sont-ce trois personnages ou un seul ? Existe-t-il une réelle société d’érudits, principalement d’ecclésiastiques, dans laquelle s’inscriraient des hommes comme Mielemans ou Lombart, la question reste posée.


Quiconques tu sois, pren de ce thresor tant qu’il te plaira ;
mais je t’admonneste que tu prennes la teste & ne touches au corps.

Un trésor dans le tombeau, récompense à qui comprendra le message d’initiés ?


Description de la gravure :

bpt6k54425079-8

Le mausolée peut renfermer un système accedant à une crypte contenant un « trésor » si on se réfère au songe de Poliphile.

Pourquoi ces hierogrammes ? Un indice vers le livre, manuel contenant la marche à suivre amenant vers la crypte oubliée.

[suite en cours… ]


Sources :
Institut Archéologique Liegeois, choquier.com, Eugène Warmenbol
La Société Périlos, Wikipedia, Larousse

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