{ Tumuli, patrimoine celte de la Belgique }

À ma Hesbaye natale…

TÉMOIGNAGE D’ARCHITECTURE FONCTIONNELLE GERMANO-CELTE
EN GAULE BELGE

 

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De tous les monuments que nous ont légués les anciens peuples, les plus communs sont ceux qu’on appelle Tumuli ou tombelles.

Tumulus : (au pluriel tumuli) mot latin désignant une éminence artificielle circulaire recouvrant une sépulture. En haut français on emploie aussi le mot tombelle. Un tertre n’est fait que de terre, un tumulus est une conception de terre et de pierres. La tombe peut être de dimensions très variables : d’un simple dépôt d’ossements brûlés jusqu’à une chambre sépulcrale très élaborée en pierre sèche et/ou en dalles, auquel cas on parlera de tumulus mégalithique. Les tertres sont rares, car l’érosion et l’action de l’homme les ont en partie effacés ; les tumuli, plus solides sont par contre assez bien conservés. Éminence artificielle, circulaire recouvrant une sépulture ; en haut français, on emploie aussi le mot tombelle.

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Un tertre n’est fait que de terre, un tumulus est fait de terre et de pierres et un cairn ou galgal est fait uniquement de pierres.

La tombe peut être de dimensions très variables : d’un simple dépôt d’ossements brûlés jusqu’à une chambre sépulcrale très élaborée en pierre sèche et/ou en dalles, auquel cas on parlera de tumulus mégalithique (dolmen).
Actuellement, les tumuli de terre sont rares, car l’érosion et l’action de l’homme les ont en partie effacés. Les tumuli de pierre (cairns) sont par contre assez bien conservés. Le tumulus est souvent consolidé sur son pourtour par un parement en pierre sèche, voire par des blocs plus gros ou même par des pierres levées (péristalithe). Dans le cas des monuments les plus imposants, il peut y avoir une façade architecturée au niveau de l’entrée de la sépulture. Certains tumuli sont très élaborés et peuvent être structurés en parements concentriques. Ils présentent alors une élévation en gradins.

 

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Monticules de terre d’ampleur variable, les tumuli ont été érigés pour couvrir une sépulture, le plus souvent enfouie sous le niveau du sol. La Civitas Tungrorum (Cité des Tongres), territoire qui inclut la Hesbaye, donc notre région, en compte un nombre particulièrement important, mais n’en a pas l’exclusivité, puisque ces tertres se rencontrent dans toutes les provinces du nord de l’Empire romain.

Erigés au cours du Haut Empire (2e moitié du Ier s. avant J+C à la 1e moitié du IIIe S.), mais surtout durant le IIe S., ces tumuli bien souvent imposants sont fréquemment implantés le long des axes routiers, sur des promontoires naturels, afin d’être vus de loin. Symboliquement, leur masse signifie le rang élevé et le pouvoir du défunt qu’ils abritent. Ceux de Glimes et d’Hottomont sont chez nous les plus connus ce sont aussi les mieux conservés.

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DESCRIPTION DES TUMULI AU XVIIe s.

En 1615, Philippe de Hurges mentionne les tumuli qui s’égrénent le long de la route Bavay > Tongres qu’il emprunte; il paraît impressionné par leur nombre, et en souligne la fonction signalétique dans le paysage :  il y a de grandes mottes de la mesme estoffe et faites au mesme temps que le furent les routes tellement eslevées en une pointe ou deux, et mise en assiete. Les motes servent encore à ceux du voisinage et à ceux qui cerchent les levées ou qui sont perduz ou esgarez en leur chemin, en sorte que, les voiants, ils se recognoissent aussitost et voient où ils doibvent tirer, si bien que si l’on n’est sot, yvre ou aveugle, on ne se peut perdre ny fourvoyer, de jour ou au clair de la lune, en ces cartiers. Et, ce qui arrive fort rarement, si, estant sus les levées, on ne veoid l’autre motte au cartier vers lequel on veut tirer, il ne faut que monter au sommet de la première qui se présente, d’où sans faute on veoid pour le moins deux autres motes, l’une au lieu d’où on vient, l’autre au lieu où on tend; et y a des mottes si eslevées que l’on en descouvre la cime de plus de six ou sept autres. Au surplus, elles ne sont posées en distance en distance esgale les unes des autres, ains selon que la nécessité des lieux sembloit le requérir à raison de leur assiete, sçavoir les monts ou les vallées; aucunes sont séparées de l’estendue de demie lieu seulement.

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Bien que les récits légendaires aient durablement ancré l’attribution des tumuli à des chefs militaires, ces tertres signalent en réalité la tombe à incinération d’un riche propriétaire terrien ou celle de sa femme qui était peut-être un ancien légionnaire romain démobilisé, installé dans nos régions. De fait, la relation entre tumulus et villa implantée dans son environnement immédiat a été fréquemment mise en évidence; il en est ainsi à L’Écluse. Le mobilier funéraire est souvent riche, plutôt civil et d’usage quotidien.

PHYSIONOMIE ANCIENNE DES TERTRES

Repère dans le paysage, leur physionomie contemporaine est quelque peu tronquée puisque leur apparence ancienne devait prendre la forme d’un cône simplement piqué d’un arbre à la manière, depuis peu, de celui de Glime, d’un mât ou d’une pomme de pin sculptée, et non revêtir cette silhouette hérissée de bois à l’instar de celui d’Hottomont.

tumuli8Certains tumuli, comme ceux de Glimes et d’Hottomont, étaient circonscrits d’un muret périphérique. Lorsqu’il survit, il permet de connaître immédiatement le diamètre du tertre. Il est, pour les deux tumuli précités, de 50 m approximativement. Leur  construction, mobilisant une main-d’œuvre proportionnelle à l’ampleur du tertre, s’étalait sur une courte période. Une estimation du volume de terre montre que quelque 6000 m3 ont été empilés, par paliers successifs soigneusement damés. D’autres sont aujourd’hui de taille plus réduite, comme ceux d’Herbais ou de L’Écluse, et ne sont pas équipés de mur circulaire périmétrique. Il arrive que le tertre ait été jadis muni d’un mât (un pieu de bois), fiché à l’intérieur du cône et en son centre, qui aurait été destiné à guider les constructeurs pour l’érection de la butte, afin que la pointe du tumulus soit centrée sur son assise. Ce mât aurait aussi permis la disposition d’un cippe (petite colonne qui servait de stèle funéraire) surmonté d’une pomme de pin, à la parfaite verticale de la sépulture. Cet attribut du dieu Attis – ce dernier aurait été ressuscité en pin sacré par la déesse-mère Cybèle, fort prisé sous l’Empire, symbolisait la sécurité et la protection. Dans certains cas enfin, le tertre pouvait être environné d’une palissade définissant un enclos, et éventuellement y inclure un autel.

UN MYSTÈRE POUR NOS LOINTAINS AÎNÉS

Plusieurs explications légendaires, très anciennes, qui d’ailleurs s’enchâssent ou s’interpénètrent, tentent de fournir une interprétation justifiant l’existence des tumuli. Parmi celletumuli9s-ci, l’historiette que voici est certainement la plus célèbre. Lors d’une bataille entre Romains et Barbares, le chef militaire romain est tué. Ses hommes ayant décidé de lui offrir une sépulture digne de son rang, ils l’enterrent sous un tertre. Ce dernier aurait été érigé en emplissant soit leur casque, soit leur bouclier, qu’ils ont déversé sur la dépouille. C’est de ce récit que dériverait une justification (imaginaire) de l’existence du tumulus d’Hottomont, qui abriterait le corps du chef militaire Hotton… Mais pour certains, Brunehaut à qui revient déjà la création de la route Bavay-Cologne, serait ici aussi intervenue. C’est ainsi qu’en 1615 dans son récit de voyage, Philippe de Hurges retranscrit une explication fort imagée, qui lui aurait été confiée pour prouver l’attribution des tumuli à la reine mérovingienne, sans qu’il y croie d’ailleurs vraiment : Les paysans des confins de Liège et de Brabant nous feirent rire, disants que les mottes dont je viens de parler avoient esté eslevées par Brunehault pour tesmoigner à la posterité que ces levées et belles chaussées estoient ouvrage de femme porte-motte, et non d’homme, pour ce que ce sexe ne diffère du nostre que par mottes qui sont les tetins et la nature, parties plus estimées de tant qu’elles sont plus eslevées. L’on en croye ce qu’on voudra, j’en ay dit mon opinion; mais ceste raison rurale la conforte encore, pour tesmoigner que c’est une œuvre de femme, et non d’homme; une œuvre de la mesme Brunehault […].

 


TUMULI NIVELÉS, OU SUPPOSÉS

Plusieurs tumuli, bien que disparus, sont connus comme tels, ou bénéficient de ce qualificatif bien que des incertitudes sur leur réelle fonction n’aient pu être levées. De fait, de multiples tertres sont associés au substantif tombe sans que ces monticules appartiennent nécessairement à la catégorie tumuli, stricto sensu. De nombreux lieux-dits anciens y font référence, plus ou moins explicitement :

Al Tombel — Orp-le-Grand
La Tombale — Jauche
Champ des Sept Tombes — Neerheylissem
Montagne du Berger — Roux-Miroir
Gros Tienne — Lathuy
Champ de la Tombe — Saint-Remy-Geest
Champde la Motte — Tourinnes-la-Grosse
Campagne de Rome — Ramillies
La Tombelle & La Tombalette — Mont-Saint- André
La Tombalette — Opprebais
Le Tombois — Noduwez
Champ de la Tombe — Herbais
Pré des Cippes — Marilles
Bustiau — Nodrenge
La Tombe — Zétrud-Lumay
Ruelle des Mottes — Geest-Gérompont

Cette dénomination est parfois attribuée à un promontoire dont le souvenir de la destination première s’est estompé au fil du temps, puis définitivement perdu : il peut s’agir en réalité de tombelles préhistoriques, ou de mottes médiévales qui servaient d’assise à une tour, qui n’étaient donc guère des tumuli. Toutefois, à quelques-uns de ces lieux-dits correspondraient effectivement des tertres gallo-romains disparus :

Nodebais, au lieu-dit Champ de la Tombe, ainsi qu’à proximité de l’église de ce même village, où auraient existé deux tumuli qui ont été nivelés (indication intéressante : le tertre localisé près de l’église renfermait un pieu fiché verticalement).

Bomal, au lieu-dit La Tombe.

Opheylissem, au lieu-dit De Tommen ou Campagne des Tombes, ont existé quatre tumuli, désormais disparus.

Saint-Jean-Geest, plusieurs tumuli auraient été baptisés du nom de Conseil ou Concile, parce qu’ils paraissaient délibérer entre eux.

Jandrain, Enines, Mont-Saint-André, Geest-Gérompont, Jodoigne ou encore Jauche.

L’authenticité de tous ces tertres est souvent sujette à caution; ils ont de fait été jadis injustement ou trop rapidement assimilés à des tumuli.


DES MONUMENTS FRAGILES

La conservation des tumuli est tributaire des conditions environnementales comme des activités humaines. L’érosion éolienne, ou celle liée au ravinement dû aux intempéries, peut être source d’importantes dégradations, a fortiori si le tertre est dénudé de toute végétation, qui aide au maintien des terres. Mais leur affaissement progressif peut aussi provenir des galeries creusées par les rongeurs, qui en déstabilisent la masse. Le monticule se tasse et s’élargit alors à la base, ce qui entraîne la disparition du mur périphérique qui pouvait le circonscrire. Une telle situation prévalait pour ceux de Glimes et d’Hottomont, jusqu’il y a peu.

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Outre les circonstances environnementales précitées, qui ont produit le nivellement de certains tertres, les interventions humaines ont aussi un rôle déterminant. Ainsi les tumuli ont pu servir de réserves de terres utilisables selon les besoins, ou ont à subir une sape saisonnière lorsque ceux-ci sont situés au milieu ou en bordure de terrains agricoles, pour en arriver à disparaître ou à s’aligner artificiellement sur le cadastre contemporain.
Il en est ainsi à Herbais, ou ont été délaissés sans remise en ordre après prospections comme à L’Écluse.


5 CATHÉGORIES

Funéraires
Temples
Fortifications
Limites
À signaux


LES STRUCTURES TUMULAIRES

La taille des tumulus est très variable : ces derniers mesurent entre huit et trente-quatre mètres de diamètre. La hauteur est difficile à appréhender, l’érosion ayant peut-être eu un rôle à jouer dans la conservation des structures tumulaires. Le tumulus le plus haut mesure deux mètres cinquante alors que le moins proéminent est à peine marqué par un relief. Il reste difficile de tirer des conclusions de ces informations car la conservation différentielle des structures peut amener à des erreurs d’interprétation. En effet, on ne note aucune cohérence entre le diamètre des tumulus et leur hauteur conservée. Par exemple, le tumulus D de la nécropole de Pujaut possède un diamètre de quinze mètres (jugé assez important) alors que B. Peyneau indique qu’il n’avait aucun relief. La question de la conservation de la structure tumulaire doit donc être posée. En parallèle, on a découvert, au sein des nécropoles tumulaires, des structures totalement dépourvues de mobilier ou d’un quelconque matériel anthropique. B. Peyneau a donc soulevé la question de l’existence de tumulus cénotaphes. Cependant, ces structures ont été récemment assimilées (lors de la fouille du tumulus S des Gaillards par S. Schwaller) à de petites dunes s’étant formées par hasard sur le site et de manière totalement naturelle. On voit donc que la question de la taille des tumulus pose  problème : outre les problèmes de conservation différentielle des monuments, l’existence de dunes naturelles peut amener à des conclusions faussées par une documentation mal interprétée. En ce qui concerne le creusement des tumulus, nous avons pu noter l’existence de deux groupes : les tumulus peu creusés, dont la profondeur est inférieure à 0,50 m; et les tumulus creusés jusqu’à l’alios, dont la profondeur avoisine 0,50-0,60 m.

Les structures en garluche sont très rares dans la région d’Arcachon alors que ces dernières sont de plus en plus fréquentes et complexes au fur et à mesure que l’on descend vers de sud de l’Aquitaine. Seuls trois tumulus présentent ici de telles structures : il s’agit des trois tumulus de la nécropole de Houn de la Peyre.

Seuls quelques tumulus semblent présenter des fossés d’entourage mais là encore les données anciennes peuvent nous induire en erreur : il est donc possible que les fossés aient été plus nombreux mais qu’ils n’aient pas été décelés par B. Peyneau.

L’étude des tumulus a amené à en faire une typologie (figure 1) très simple et qui sera sûrement amenée à être complétée et corrigée si de nouvelles fouilles sont un jour organisées :

tumuli11Type 1a : creusement peu profond (inférieur à 0,50m.)

Type 1b : creusement peu profond (inférieur à 0,50m.) + garluche

Type 2a : creusement profond (0,50m au minimum)

Type 2b : creusement profond (0,50m au minimum) + fossé

Type 3 : non creusé

Une dernière remarque concerne le seul exemplaire de tumulus non creusé. En effet, la fouille de ce tumulus a révélé deux sépultures, dont une du Premier Age du Fer. Cette dernière est placée comme une sépulture secondaire dans la masse tumulaire alors que le tertre ne présente aucune sépulture centrale. De plus, la stratigraphie présentée dans le rapport de fouille peut amener à penser qu’il s’agissait d’une dune naturelle. On peut donc se demander si certaines dunes naturelles n’auraient pas été utilisées bien  après leur formation. Bien qu’hypothétique, cela amène à se poser la question des critères de choix précédant la mise en terre des restes du défunt mais également celle de la présence ou non d’autres structures en matériaux périssables indiquant les tombes.

LES TOMBES EN FOSSES

Les tombes plates sont caractérisées par la présence d’une fosse, où est placée l’urne cinéraire. Ces fosses, bien que rarement fouillées de manière minutieuse, semblent correspondrent à deux types, caractérisés par leur comblement. Malheureusement, les fouilles récentes, uniquement préventives, n’ont pas eu le temps de s’attarder sur ce point : les seules remarques faites concernaient la visibilité de la fosse. B. Peyneau, quant à lui, a réussi à définir pour la nécropole du Truc du Bourdiou des fosses remplies de sable qu’il dit naturel et de sable charbonneux. La question de la fosse sépulcrale et de son comblement peut paraître anodine, mais elle peut toutefois apporter des informations sur les pratiques funéraires. Certains croquis, notamment ceux de A. Coffyn lors de sa fouille de la nécropole de Balanos en 1974, semblent montrer que certaines fosses possédaient, dans leur fond, une concentration importante de charbons. La situation de la zone charbonneuse, passant sous l’urne, nous permet d’affirmer que la fosse avait été remplie d’un peu de terre charbonneuse avant la mise en place de l’urne cinéraire. Toutefois, le manque de documentation ne nous permet pas de tirer davantage d’informations de ces données. Cela nous permet toutefois de comprendre progressivement et avec plus d’exactitude des gestes liés à la mise en terre d’un défunt. Outre les fosses funéraires, les nécropoles de tombes plates ont livré des structures dont la fonction reste encore obscure. Il s’agit de fosses, comblées de sable et présenttumuli12ant une concentration de charbons très importante. Ces fosses semblent n’avoir livré que très peu de matériel anthropique, mais seules les fouilles de B. Peyneau nous apportent des informations sur ces dernières. En effet, les fouilles préventives récentes  ont seulement mis en évidence ces fosses, et une seule a été fouillée de manière partielle.

PRATIQUES FUNÉRAIRES
La crémation et le bûcher funéraire.

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I. Mort

II. Bûché funéraire, orienté vers l’ouest

III. Mise des cendres dans une urne déposée dans le tertre

IV. Second bûcher sur le tertre

V. Agrandissement du tumulus

Les traces du bûcher funéraire sont surtout visibles dans les nécropoles tumulaires : on découvre généralement au sein de la masse tumulaire une ou plusieurs zones charbonneuses épaisse de quelques centimètres (figure 3). Pour ce qui est des nécropoles implantées sur des terrains argileux, on constate l’existence d’une plaque de terre cuite que B. Peyneau interprétait comme des sols d’habitations. Ce dernier a également découvert des poutres et des essences de bois carbonisées dans certaines structures tumulaires. Nous ne sommes pas en mesure de donner des informations sur les bûchers relatifs aux nécropoles de tombes en fosses, les données étant trop partielles pour se risquer à  en tirer des conclusions. Toutefois, il est probable que certaines des fosses à charbon découvertes à proximité des tombes aient eu à tenir ce rôle. Les découvertes à venir viendront peut-être nous éclairer sur le sujet. En ce qui concerne la crémation propre, nous ne pouvons trop nous prononcer, aucune étude anthropologique n’ayant été menée sur le sujet. Toutefois, les esquilles osseuses retrouvées dans les urnes nous amènent à penser que les ossements ont subi un traitement thermique (jet d’eau sur le bûcher par exemple) ou mécanique après crémation : en effet, une crémation n’amène pas à l’éclatement des ossements (excepté le crâne).

DÉPÔT DU MOBILIER FUNÉRAIRE

Dans la tombe, les éléments céramiques peuvent s’organiser de diverses manières.
Voilà les cas les plus fréquents :
– urne et couvercle : 71 cas sur 119 (cas où le mobilier est connu en intégralité)
– une urne et un vase accessoires : 9 cas sur 119
– urne, couvercle, vase accessoire : 35 cas sur 119

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Généralement, l’urne cinéraire, recouverte par un plat tronconique renversé, contient (en plus des ossements) le vase accessoire. Cependant, dans les tombes dites « doubles », on remarque que le vase accessoire est placé entre les deux urnes composant la sépulture. A l’heure actuelle, les vases accessoires extérieurs à l’urne cinéraire correspondent toujours à ce type de tombe. La sépulture du tumulus O de la nécropole des Gaillards présente une configuration unique : le vase accessoire se situait en effet entre les deux couvercles, posés en sens inverse l’un sur l’autre. Le mobilier métallique, quant à lui, peut être déposé en divers endroits. On peut le trouver dans l’urne cinéraire, sur le fond du couvercle et, dans le cas des sépultures « doubles », entre les deux urnes. Il nous est impossible de savoir si le dépôt de ce mobilier correspondait à des règles précises, notamment au sujet de sa disposition. De nouvelles fouilles pourraient peut-être nous apporter un complément d’information. Il est également intéressant de remarquer de B. Peyneau insiste dans son ouvrage sur la découverte de silex dans les tombes. Il affirme que s’il avait été plus attentif, il en aurait sûrement trouvé bien plus. En replaçant cette remarque dans le contexte archéologique de l’époque, on remarque que de nombreuses publications de la première moitié du 20ème siècle font référence à ces silex, que l’on retrouve à la fois dans les nécropoles tumulaires et dans les nécropoles de tombes en fosses.

Conclusion : des structures funéraires plurielles

Les deux types de structures funéraires rencontrées s’organisent autour du rituel de l’incinération. Toutefois, les pratiques funéraires diffèrent très légèrement d’un type à l’autre.

– La première différence réside dans le lieu de crémation. En effet, dans les nécropoles tumulaires, la surface du tumulus est creusée et le bûcher funéraire a lieu à cet endroit, le plus souvent sur le côté ouest du tertre. Nous n’avons pas pu identifier de zones de crémation dans les nécropoles de tombes plates, mais cela peut être dû à notre incapacité à les identifier correctement et avec certitude.

– La seconde différence réside dans l’absence de véritable fosse funéraire dans le tumulus. En effet, dans les nécropoles de tombes plates, le mobilier est déposé dans une fosse. D’après B. Peyneau, les tumulus ne semblent pas présenter de structures fossoyées accueillant les restes du défunt. Par contre, une calotte de cendres et de poussières est souvent jetée sur le mobilier funéraire et finit par créer un amas compact. Dans les nécropoles de tombes plates, des cendres semblent parfois être mêlées au remplissage, mais pas dans de telles proportions.

– Les nécropoles de tombes plates pourraient correspondre à deux types : le premier, le plus fréquent, livre des structures de pierres régulières, en demi-cercle, alors que dans le cas de la nécropole du Truc du Bourdiou, les structures sont irrégulières et leur entrée semble être marquée par des bornes.

– Les tumulus livrent des structures regroupant plusieurs sépultures. En général, les tombes secondaires  sont placées dans la masse du tertre et non à la base, de part et d’autre de la sépulture centrale. Les tumulus les plus tardifs ne sont pas configurés de la même manière : en effet, toutes les tombes se trouvent à la base. Cela nous empêche en partie de connaître la succession chronologique des sépultures par l’absence de stratigraphie du tertre, bien que la sépulture centrale soit considérée comme la première.


# Nom Commune Satellite
1 | 1 Tumulus du Trou de Billemont Antoing
2 | 1 Tumulus de Givry Quévy
3 | 2 Tumuli de la Forêt de Soignes Watermael-Boitsfort
4 | 1 Tumulus de Marcinelle Charleroi
5 | 1 Tombe à la Gate Huldenberg
6 | 2 Tumuli de Noirmont Chastre
7 | 1 Tumulus de Tilly Villers-la-Ville
8 | 2 Tumuli de Bonlez Chaumont-Gistoux
9 | 2 Tumuli de Libersart Walhain
10 | 1 Tumulus de Glimes Incourt
11 | 1 Tumulus d’Hottomont Ramillies
12 | 1 Tumulus aux Six Frères Éghezée
13 | 3 Tumuli de Grimde Tirlemont
14 | 1 Tumulus de Piétrain Jodoigne
15 | 1 Tumulus de Pépin de Landen Landen
16 | 1 Tumulus de Middelwinden Landen
17 | 1 Tumulus de Betz Landen
18  | 1 Tumulus de Waesmont Landen
19  | 1 Tumulus d’Avernas Hannut
20 | 2 Tumuli de Mirteaux Hannut
21 | 2 Tumuli du Soleil Wasseiges
22 | 1 Tombe de l’Empereur Hannut
23 | 1 Tumulus d’Avennes Braives
24 | 1 Tumulus de Hanret Éghezée
25 | 3 Tumuli de Seron Fernelmont
26 | 1 Tumulus de Vissoul Burdinne
27 | 1 Tumulus de Brustem Saint-Trond
28 | 1 Tombe d’Avernas Gingelom
29 | 2 Les Deux Tombes Gingelom
30 | 3 Les Trois Tombes Gingelom
31 | 1 Tumulus d’Oleye Waremme
32 | 1 Tumulus de Blehen Hannut
33 | 5 Les Cinq Tombes Geer
34 | 1 Tombe d’Yve Braives
35 | 1 Butte Saint-Sauveur Braives
36 | 1 Tumulus de Vaux Villers-le-Bouillet
37 | 1 La Plate Tombe Waremme
38 | 2 Tumuli du Bois des Tombes Waremme
39 | 1 Tumulus de Saive Faimes
40 | 1 Tumulus de Lamine Remicourt
41 | 1 Tumulus d’Aineffe Faimes
42 | 1 Tumulus de Verlaine Verlaine
43 | 1 Tumulus d’Oultremont Villers-le-Bouillet
44 | 1 Tumulus de Yernawe Saint-Georges-sur-Meuse
45 | 1 Tumulus de Ramelot Tinlot
46 | 1 Tumulus de Havelange Clavier
47 | 1 Tumulus de Genoelselderen (ouest) Riemst
48 | 1 Tumulus de Gutschoven Heers
49 | 1 Tumulus de Vechmaal Heers
50 | 1 La Grande Tombe Tongres
51 | 1 Tumulus d’Otrange Oreye
52 | 1 Tumulus de Hodeige Remicourt
53 | 1 Tumulus de Herstappe Herstappe
54 | 1 La Petite Tombe Tongres
55 | 1 Tumulus d’Othée Awans
56 | 1 Tumulus de Noville Fexhe-le-Haut-Clocher
57 | 1 Tumulus de Xhendremael Ans
58 | 2 Tumuli de Hamont-Achel Hamont-Achel
59 | 1 Tumulus de Genoelselderen (est) Riemst
60 | 1 Tumulus de Herderen Riemst
61 | 1 Tumulus d’Émael Bassenge
62 | 1 Tumulus de Schinkelsknopf Saint-Vith
63 | 1 Tumulus de Hochtumsknopf Burg-Reuland
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